Nassé vient de revenir et un conseil vient de se tenir lors duquel nous apprenons
que ceux qui devaient nous aider ne l’ont pas fait et que ce qui pose problème ce sont les deux camions. Le Maroc ne donne pas d’autorisation dans notre cas pour des camions. Aussi Nassé a-t-il dû
téléphoner à l’ambassade du Mali à Paris, à l’ambassade du Mali au Maroc et au ministère des affaires étrangères à Bamako ou à Paris je ne sais plus très bien, pour obtenir deux choses. D’abord une
autorisation de police pourrait-on dire, afin que les véhicules poids-lourds puissent entrer sur le sol marocain, ensuite une autorisation de douane accompagnée d’une caution pour les véhicules,
laquelle caution serait restituée à la sortie du Maroc. A cette caution de 4000 euros tout de même, peut se substituer une caution morale du Mali à la condition qu’elle soit faite avec un document
séparé de la demande de circulation. Malgré l’insistance de Nassé, la secrétaire au Mali dit ne vouloir faire qu’un seul document « parce qu’elle fait toujours comme ça ». Nous serions donc dans la
situation où demain nous aurions la possibilité de passer la douane, mais pas de rouler sur le sol du Maroc, sauf à avancer la caution de nos propres deniers en espérant la récupérer.
Il est convenu entre nous que nous passerons nous attendrons demain jusqu’à midi et si la situation n’est pas débloquée nous paierions la caution.
Il est 18h48 (17h48 ici) et nous sommes stationnés sur le quai depuis plus de 21heures maintenant. Si nous partons au mieux demain midi, nous aurons passé plus de 39 heures au même endroit.
Espérons donc que demain soit le jour de notre délivrance.
A la suite de cette réunion au sommet nous avons décidé de trouver un lieu pour dormir et se laver dans de bonnes conditions pour manger correctement ce soir. Notre spécialiste Jean-François a fait
la liste de ceux qui iront dormir hors du port et il est parti en chasse avec Bernard et Simon.
Pendant ce temps d’autres navettes déchargent des groupes de gens, en reprennent d’autres et les mêmes ferrys, dont nous connaissons maintenant parfaitement la silhouette, tournent, réguliers comme
des métronomes, entre Algésiras et Tanger.
Vous qui lisez ces lignes, n’imaginez pas que nous sommes découragés ou que l’abattement nous assaille. Nous laissons le soin, et la difficulté il faut bien le dire, à Nassé de trouver une solution
au problème. D’ailleurs il nous semble que lui seul peut en trouver une. Nous mangeons plus que de raison, il faut bien passer le temps, et si le moral des troupes s’en ressent un peu il n’y a rien
de grave pour l’instant. Nous qui devions maigrir pendant le trajet, nous risquons de prendre du poids ce qui serait quand même un comble vous avouerez.
Les recherches de chambre avaient pour objectif de trouver une chambre par personne avec vue sur la mer et télévision pour moins de 10 euros. Inutile de dire que l’objectif ne fut pas atteint.
On a trouvé des chambres ultra propres avec lits jumeaux, vue sur la mer et douche chaude et très propres sur le palier. Le prix est de 70 dirhams soit moins de 7 euros. Ce soir nous nous sommes
divisés en deux groupes pour aller manger afin que les véhicules soient toujours gardés. Nous qui devons dormir à l’hôtel nous restons en garde pour ne pas avoir besoin de revenir chercher nos
affaires.
C’est quand je faisais cette proposition de répartition au groupe que Nassé, recrus de fatigue, a pensé que nous buvions un coup sans nous en faire. C’est dommage qu’il n’ait pas compris, mais au
vu de sa fatigue nous, nous pouvons le comprendre. Nous nous expliquerons calmement demain quand il sera reposé.