Suite du jour 4, lundi 10 novembre 2008. Il est 17h (16h localement) et nous
sommes toujours rangés sur le port les uns derrière les autres. Les nouvelles qui trainent disent que Nassé serait en bonne voie d’aboutir. Il serait avec des locaux qu’il connait dans des bureaux
de la douane ce qui devrait débloquer la situation. Mais des locaux pourront-ils nous assister efficacement ? C’est toute la question.
Le temps s’étirant lentement nous sommes allés Segnin et moi, balancer les commentaires des jours 2, 3 et 4 sur le blog afin que vous ne soyez pas sans nouvelles. Le cyber café dans lequel nous
avons travaillé un peu plus d’une heure trente n’était pas en mesure de fournir suffisamment de débit pour vous permettre de voir les photos qui accompagnent et soulignent nos péripéties. Nous
avons donc décidé de mettre à votre disposition le texte et de vous rajouter les photos plus tard quand nous tomberons sur un cyber café plus puissant ou dans un hôtel où nous pourrons disposer de
capacité plus importante.
Pendant ce temps certains découvrent la ville. Par exemple, Jean-François, Monique et Claude ont trouvé un restaurant en ville près de la Médina où on mange paraît-il de très bonnes brochettes. En
fait ils pensaient commander une brochette apéritive et ils ont vu arriver sur la table une salade, neuf petites brochettes par personne, un plat de frites, un plat de riz, le tout avec un thé. Et
pour tout ça ils ont payé 70 dirhams par tête ce qui équivaut à un peu moins de 7 euros.
Pendant ce même temps l’après-midi sur le quai ne fut pas sans émotion. Des jeunes ados qui voulaient partir pour l’Europe se sont fait pourchasser par les forces de l’ordre. En fait ce sont des
orphelins de la ville qui veulent joindre l’Espagne et tentent d’embarquer en se cachant dans les essieux des camions qui embarquent. Il faut comprendre que le quai qui entoure le port est lui-même
ceinturé d’un mur de plus de 4m de haut et que ces jeunes sont arrivés en bande depuis la ville en courant sur ce mur. Puis ils ont sauté au sol en profitant des endroits où il y a des marches et
ont traversé le quai, fonçant vers les poids-lourds qui attendaient l’embarquement, se faufilant entre les roues au risque de leur vie. Des policiers et des douaniers en uniforme les ont
pourchassés avec l’aide de chiens qui n’hésitaient pas à leur mordre fesses et mollets quand les gamins se faisaient prendre. On peut comprendre pourquoi les photos sont interdites dans le port. Il
paraît que ça bataillait ferme, que les coups de pieds et de poings pleuvaient en tous sens et que le panier à salade qui emmenait ces jeunes contenait une nuée de gamins dont certains étaient très
mal en point parce qu’ils avaient pris une sacré volée.
Simon qui était avec nous au cyber café et qui a lu ce que j’ai marqué sur son retour hier soir tient à dire qu’il n’était nullement effrayé par l’aspect sanitaire ou par le confort sommaire, mais
qu’il voulait juste retourner avec les autres. De fait nous saurons un peu plus tard qu’il est le seul à avoir dormi dehors, à la belle étoile pour profiter du beau temps quand les autres
investissaient les camions. Mais ce soir il a décidé de venir avec nous, non pas pour nous montrer son courage devant des conditions approximatives, mais parce que cette nuit un chien des douaniers
s’est approché de lui, et a aboyé de façon menaçante jusqu’à ce que son maître l’oblige à faire marche arrière. Le chien l’avait peut-être pris pour un clandestin. Mille excuses donc à Simon,
je me suis trompé sur ses motivations.